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Love you like a kdrama / Kristen RIVERS & Mila JENSEN
Mea culpa ! Je n'ai jamais regardé de romances coréennes, ni même n'ai lu de mangas et pourtant, en me plongeant dans ce 4 mains de Kristen RIVERS & Mila JENSEN ça ne m'a absolument pas dérangée. J'ai adoré ma lecture et ça aurait pu être un petit coup de cœur sans certaines choses qui m'ont un peu déplu mais comme toujours qui me sont propres - n'en faisons pas une généralité -. Merci &h digital pour l'envoi de titre via Netgalley.
Dès le départ j'ai accroché à l'histoire originale - même si c'est un trope déjà connu - et il ne m'a fallu qu'une journée pour le dévorer. Comme quoi, même avec quelques imperfections, on peut passer un bon moment. Point que j’ai tout particulièrement aimé : la manière dont débute chaque chapitre. Génial !
« Point culture du jour : c’est en Californie que la première salle de cinéma a vu le jour… Maintenant, grâce à moi, tu pourras choper un camembert au Trivial Pursuit. (Si tu veux connaître la date, va sur Google, je ne suis pas Wikipédia !)
C'est à Los Angeles que vit Jeong-Guk - dit J.K -, jeune avocat entouré de ses amis Penn, Win et Liv, exerçant dans le même cabinet que lui. Au grand désespoir de ses parents retournés vivre en Corée, J.K est toujours célibataire malgré les nombreuses tentatives ratées de son entourage pour le caser.
Afin d'apporter un peu de répit dans tout cet engouement qui lui pèse, il va faire appel à Rosa, l'une des deux sœurs de Liv, pour se créer une fausse relation amoureuse. Mais ce qu'il ne sait pas c'est qu'Ana, la 2nde sœur de Liv est secrètement amoureuse de lui. Les signaux qu'elle lui envoie depuis 2 ans ne semblent pas explicites, en ce sens, bien au contraire et la jeune femme va très mal prendre cette sorte d'affront.
« Puisqu’entre amour et haine il n’y a qu’un pas, cela ne devrait pas être difficile. Je préfère le détester que de m’épuiser dans des fantasmes vains et chimériques »
Lorsque Rosa va se désister du rôle de la fausse petite amie, il n'y a qu'Ana, qui est sa jumelle, qui peut le tenir au grand dam de J.K qui ne voit en elle, sans vraiment savoir pourquoi, qu'une sorte d'ennemie. Mais Rosa et Ana sont toutes les deux bien différentes et J.K ne va pas mettre longtemps à s'apercevoir que le sang mexicain qui coule dans les veines d'Ana est totalement différent de celui coréen qui coule dans les siennes. Quand le calme rencontre la tempête, c'est bien plus qu'un typhon qui risque de bouleverser leurs vies.
"Si embrasser Ana c’est un feu d’artifice dans la bouche, sa cuisine, c’est l’incinérateur d’une déchetterie"
Avec ce titre on est clairement dans une pure comédie romantique fake dating et ça fait du bien. Tous les ingrédients sont là, pas besoin de réfléchir, juste se laisser porter et apprécier. Je ne sais qui a écrit quoi dans l'histoire mais franchement les plumes sont vraiment complémentaires. Et j'avoue que je suis toujours admirative lorsqu'il s'agit de 4 mains.
« Défendre deux voleurs à la tire dont les QI réunis avoisinent à vue d’œil celui d’un calamar ne va pas nous tirer vers le haut. Même avec des ballons gonflés à l’hélium »
Seul petit bémol : qui est la fautive pour le personnage d'Ana ? Il va falloir qu'on parle de son comportement au début de l'histoire. Ça a été un gros point faible pour moi qui l'ai trouvée immature et limite capricieuse. Ça m'a énervée à un degré rarement égalé et j'ai trouvé ça tellement dommage. Heureusement pour elle que la situation s'est inversée ensuite sinon je pense que je n'aurais pas terminé ma lecture.
Dans ce roman, les protagonistes ne sont pas à court d’idée lorsqu’il s’agit de mettre des bâtons dans la vie de l’autre. Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec une mention spéciale pour Penn que j’aimerais bien retrouver dans une autre histoire ! Du coup, le début démarre vraiment fort et je dois avouer que, même si j’ai trouvé ça attrayant, ça a été un peu trop pour moi. Le rythme était si intense que j’ai trouvé ça un peu exagéré. Par contre, les idées étaient excellentes et bien mises en scène donc bravo aux auteures !
« Quand mes deux neurones se frottent l’un contre l’autre, ça ne fait pas de la lumière »
Les circonstances étant ce qu’elles sont, mon avis sur Ana a été malmené au début. J’avais peur que ce soit ainsi jusqu’à la fin et là ça aurait été compliqué de continuer. Puis lorsque l’histoire connaît un revirement et que la romance se profile, les choses se sont apaisées, heureusement. L’entrée en scène des parents de J.K donne une autre perspective à l’histoire sans perdre de son intensité. Ouf !
Concernant J.K c’est clairement différent car j’ai adoré ce personnage dès le départ car il est plus posé, plus réfléchi. Même s’il répond aux attaques, le ressenti n’est pas le même. Car finalement, la situation lui échappe un peu et il va vite se retrouver à quelque chose qu’il n’avait pas du tout prévu.
« Ana est mon soleil à moi. Je ne dis pas ça de manière amoureuse ; elle est ma fichue canicule »
Le gros point fort de ce roman, c’est l’invitation au voyage que les auteures glissent dans l’histoire et c’est très dépaysant. Je ne connais absolument rien à la culture Coréenne mais j’ai tellement aimé la manière dont elles ont su la rendre abordable et intéressante. Bon, je ne sais pas si tout est bien réel mais en tout cas ça m’a transportée de découvrir autant dans une histoire.
Pour les amatrices de K-Dramas, de comédies romantiques en tout genre et d’histoires pleines d’humour qui donnent le sourire du début à la fin, ce roman est clairement celui qu’il faut découvrir en ce moment. Les plumes sont vraiment complémentaires, l’ensemble se lit très vite et on se laisse embarquer sans même sans rendre compte. Parfois, une telle légèreté où les émotions sont quand même au rendez-vous, ça fait un bien fou. Si c’est totalement votre style, je ne peux que vous conseiller de foncer. Même si ce n’est pas mon univers de prédilection, je suis ravie de m’être laissée tenter. Alors très belle lecture !
La cadette de mes soucis / Marjolaine SOLARO
« Les tragédies n’ont plus besoin d’avoir de l’écho dans le futur si elles peuvent être entendues au présent »
Quand le poids des secrets et des non-dits traverse des générations, quel est son impact sur le futur des familles concernées ? C'est bien là un des thèmes du dernier roman de Marjolaine SOLARO "La cadette de mes soucis" paru récemment dans la collection Instants suspendus des Éditions l'Archipel que je remercie infiniment pour l’envoi.
Dire que j'ai adoré ce roman est en-deçà de toutes les émotions qui m'ont traversée car c'est sur un coup de cœur couplé à un coup de foudre que se termine ce mois de janvier 2025. Aucune fausse note tant dans le contenu que dans le style pour ce récit tellement authentique et d'une intensité incroyable.
« Il y a quelque chose de très réconfortant à voir que l’on est encore une petite fille dans l’esprit de quelqu’un »
Que l'on soit maman ou non, "La cadette de mes soucis" fait partie de ces romans qui interpellent, qui bouleversent, qui font naître émotions et interrogations alors même qu'on n'a peut-être jamais été confrontée au thème évoqué à savoir ici, de la perte d'un enfant ou ne serait-ce que la peur de cette éventualité.
Car c'est à cela que va se trouver confrontée Eglantine, parisienne trentenaire qui coche toutes les cases d'une vie bien remplie et réussie. Un rythme de vie intense mais un mariage heureux avec Mathieu, un petit Leo de 2 ans, un métier de réalisatrice qui la comble avec un projet qui se concrétise et l'annonce tant espérée d'une nouvelle grossesse. Mais lorsque tous les voyants pourraient être au vert, il suffit d'un seul qui passe au rouge pour faire basculer toute une vie dans la peur, dans le doute et remettre en question toutes ces certitudes qui semblaient acquises et confortablement installées.
« J’ai toujours cru être faite pour la solitude, je découvre qu’elle n’a pas la même saveur quand elle est imposée »
Lorsque le bonheur est remplacé du jour au lendemain par la peur de l'inconnu, l'expression "La vie ne tient qu'à un fil" n'aura jamais autant de sens que dans certains moments auxquels vont être confrontés Eglantine et ses proches et qui vont révéler des secrets jamais dévoilés et tellement émotionnellement dévastateurs.
« Ce dont on ne parle pas ne peut pas nous faire de mal »
À l'histoire de cette jeune femme qui voit sa vie basculer lorsque la maladie les met en danger son futur enfant et elle, Marjolaine SOLARO associe des tranches de vies de deux autres générations de femmes de cette même famille qui ont subi et porté sans jamais se plaindre la douleur de la pire perte qui soit pour une mère. Alternant 3 périodes – 1943/1977/2009 -, cette histoire nous emmène sur les traces de ces femmes marquées à jamais par une souffrance silencieuse, qui à leur tour ne peuvent que nous marquer. Elle nous permet de prendre conscience de l’évolution des mentalités, des fragilités engendrées et de l’irréversibilité de la douleur psychologique.
« Elle avait hurlé pour sa douleur, pour celle de sa lignée, pour toutes les mères à qui l’on ravit un enfant »
Ce roman aborde des thèmes forts et tristes et pourtant je n’ai ressenti aucune tristesse au cours de ma lecture. Alors oui, il y a des passages difficiles qui serrent le cœur - lorsqu’il s’agit de Rose et de Violette - mais c’est tellement bien écrit que j’avais l’impression de ne pas être simple lectrice. L’auteure expose les faits et les développe de la plus simple des manières et c’est ce qui rend cette histoire tellement authentique et prenante dans laquelle on côtoie des personnages peu nombreux mais si essentiels – mention spéciale pour le Dr ISSAC et Lucie -.
Après avoir refermé ce livre et analysé un peu mes émotions, mon ressenti n’a rien d’étonnant car mes plus belles lectures en ce qui concerne la littérature contemporaine sont des romans dans lesquels il y a des secrets, des intrigues familiales ou des situations dans lesquelles on peut facilement s’identifier. Et découvrir l’histoire d’Eglantine, de sa maman Violette et de son aïeule Rose a été un pur moment de lecture comme j’aime.
« Elle tient bon, comme un barrage qui s’érige contre la force des souvenirs »
Je suis tellement heureuse d’avoir pu découvrir cette histoire - où le thème de la famille et ses racines est au cœur de l’histoire - dans laquelle je me suis plongée instantanément. Ce genre de roman est une valeur sûre pour moi qui adore les récits forts dans lesquels les émotions sont généralement au rendez-vous. Et celui-ci n’échappe pas à ce constat. Je l’ai dévoré en une ½ journée seulement tellement je me suis retrouvée prise dans une spirale émotionnelle et qu’il m’était impossible de le lâcher.
Dans cette histoire « inspirée de l’épopée familiale » de l’auteure, tel un puzzle généalogique pour conjurer ce qui s’apparente à une malédiction familiale, les évènements s’enchaînent sans précipitation, les émotions et sentiments sont bruts, rien n’est édulcoré et l’insertion des histoires de Rose et Violette – tel un fil conducteur - est toujours cohérente pour ne former qu’une avec celle d’Eglantine. Jusqu’au bout – même dans les remerciements - l’émotion est bien présente, on peut prendre conscience de la force de ce récit et des sentiments que l’auteure a certainement ressentis lors de son écriture.
« Ma guerre à moi ne se fait pas à coups de fusil ou de char, mais à coup de patience »
Si vous aimez les récits poignants, avec des personnages qui n’ont pas peur d’exposer leurs faiblesses et qui savent en faire une force, la découverte de « La cadette de mes soucis » - dont le titre est superbement bien trouvé – ne pourra pas vous laisser indifférent.e. Et je vous le recommande avec toute la force de mes propres sentiments. De même que la collection Instants Suspendus des Editions l’Archipel dans laquelle se trouvent vraiment des perles littéraires qui me comblent à chaque immersion dans l’une d’entre elles. Alors très belle lecture !
Le premier Noël du Monde / A.C VAUCLAIRE
Que ceux/celles qui connaissent l'origine de Noël se fassent connaître... ou se taisent à tout jamais ! C'était trop tentant comme intro pour présenter ma dernière lecture totalement dans l'esprit de ce mois de décembre, sous un format un peu particulier : un conte sous la plume de A.C VAUCLAIRE, auteure périgordine, ma région d'adoption depuis 7 ans. Merci pour ta confiance sur cette lecture audacieuse pour moi.
Je dois avouer que j'ai un esprit assez cartésien et tout ce qui touche à la fantasy, au surnaturel, aux esprits en tous genres, etc... m'est pas mal étranger, pour ne pas dire carrément. Mais je me suis quand même laissée séduire par ce texte assez court qui nous conte la légende de Noël autrement. Eh oui, pourquoi Noël ne serait pas périgordin ? Et né en des temps beaucoup plus anciens que ce qu’on pourrait imaginer ?
C'est sur cette idée originale qu'A.C VAUCLAIRE est partie sur les traces de l'origine lointaine de cet événement annuel incontournable. Et qu'elle est remontée jusqu'à la période paléolithique lorsque deux mondes, après un sacré concours de circonstances se sont rencontrés : celui du Paradis avec les anges et Lucifer et celui des premiers humains. Lorsqu'ensemble ils vont devoir affronter les légendes et croyances périgordines, ce pourrait bien être là, non sans difficultés, le premier Noël au monde. Bienvenue au cœur du Périgord et de ses légendes ancestrales !
Je ne vais pas vous raconter l'histoire car clairement ce serait très risqué de ma part et ça ne servirait à rien puisqu'il vaut mieux lire l'ouvrage. Je vais juste vous donner mon ressenti, celui d'une lectrice qui débarque en terre inconnue, un peu comme l'ange Noël qui atterrit en pleine période préhistorique pour accomplir sa mission d’offrir le premier cadeau du monde à un enfant.
L'auteure a imaginé une histoire dans laquelle vont se côtoyer des univers qui n'étaient pas amenés à se rencontrer et elle a su en faire un texte original dans lequel on plonge sans difficulté si on est coutumier du style fantasy (même si ce n'est peut-être pas totalement le genre approprié). Ajouté à ça des légendes périgordines qu'on découvre avec plaisir même s'il faut l'avouer, regorgent de personnages pas toujours très fréquentables.
N'étant pas une lectrice qui maîtrise certains codes de ce style littéraire, j'avoue que mon esprit a mis un certain temps à s'approprier l'univers et les personnages. Mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier cette découverte peu commune et de comprendre la démarche créative de l'auteure ; et de l'apprécier.
Écrit accessible dès 12 ans, certains passages m'ont interpellée par le côté sombre et brutal auquel je ne m'attendais pas du tout mais reflétant simplement la dureté de la vie à l’époque. Et comme dans tous les contes il y a les gentils et les méchants. Lectrice de romances contemporaines, certains actes et comportements n'existent pas dans mon monde donc ceci explique probablement cela.
Ce conte assez court fait partie des écrits qu'il est agréable de lire car la qualité de la plume, de l'inventivité et de la construction narrative est incontestable. L’auteure a su associer la magie de Noël à des temps anciens et, même si c’est une sacrée prise de risque, c’est vraiment bien réussi.
Avec ce conte, l'auteure a mis en avant certaines légendes inconnues qui ont probablement nécessité un certain travail de recherche qui donne ainsi un incroyable réalisme à l'histoire. Elle a su les utiliser de manière totalement appropriée et l'ensemble est donc très réussi permettant de mettre en lumière cette si belle région.
"Le premier Noël du monde" est assurément un ouvrage atypique qui a toute sa place dans la catégorie contes. Il nous fait voyager dans un univers inédit et nous transporte, le temps de quelques heures, à des années lumières de ce qu'on peut avoir l'habitude de lire, pour nous faire vivre une expérience inédite. C'est une belle invitation en cette période qu'il est impossible de refuser donc vous savez ce qu'il vous reste à faire ! Alors très belle lecture !
La ritournelle de nos jours / Marie JOUDINAUD
Quelle beauté que cette histoire sur fond de passion dévastatrice ! C'est un vrai coup de cœur - mais il aurait pu être encore beaucoup plus - pour ce roman de Marie JOUDINAUD, paru sous format Archipoche, dans la collection Instants suspendus, qu'il ne m'a fallu que quelques heures pour le dévorer. Il est petit, certes, mais tellement complet et si bien écrit. Il m'a transportée d'un bout à l'autre, sans que je puisse m'en éloigner avant d'en connaître le dénouement. Merci aux Editions de l'Archipel pour ce très bel envoi et Marie pour la dédicace.
Cette lecture a été tellement intense et riche en émotions que je suis obligée d'écrire mon avis en deux parties - aussitôt le livre terminé, de peur d'oublier quelque chose et quelques jours après une fois la tension émotionnelle passée -. Je me rends compte, en refermant cette histoire, que j'aime de plus en plus ce style littéraire où la force des sentiments et la manière de les aborder sont totalement différentes de la New Romance que je lis majoritairement. Et ça fait un bien fou !
Histoire contemporaine, elle alterne narration interne et narration externe pour deux périodes de vies qui nous font rencontrer en 2006, Sophie, fleuriste trentenaire à Paris et au début des années 70, Emile, étudiant en musicologie à l'université de Nice. 32 ans et des centaines de kilomètres séparent ces deux parcours de vies et pourtant ils vont se retrouver si étroitement liés.
Lorsque Sophie apprend que son père, condamné par la maladie, n'a plus que peu de temps à vivre, elle va mettre de côté la rancœur qu'elle a pu avoir envers celui qui, musicien célèbre, n'a pu s'occuper d'elle comme elle l'aurait aimé. Jusqu'à son dernier souffle elle sera présente, Jusqu'à ce dernier mot "Pardon...". Mais pardon de quoi ? C'est à l'occasion d'un rendez-vous chez le notaire que Sophie va avoir l'opportunité de partir sur les traces de son passé et obtenir des réponses aux nombreuses questions qui vont naître. Laissez vous porter et partez à la découverte de la Villa Mauresque et de ses secrets !
Ce roman est l’exemple même de lecture qui fait, dès les premières pages, se déconnecter notre cerveau pour plonger dans l’histoire comme si on y était. Et j’adore ça ! L’univers est tellement immersif qu’on s’y croirait presque, sentiment qui ne se ressent pas à chaque lecture.
Dès le départ j’ai aimé l’idée de base, somme toute anodine, qui va fortement impacter l’histoire et lui donner sa direction. On se doute bien vu le thème qui va éprouver Sophie que nous ne trouvons pas dans une lecture légère. Et pourtant, elle n’en est pas triste pour autant. Clairement, on suit des personnage authentiques, avec de vraies émotions et appréhendant tout ce qui leur arrive avec tellement de force et de courage.
Sophie est une jeune femme forte, qui a su se construire malgré l’absence partielle de son père. Je dois reconnaître que j’ai eu un peu plus de mal à appréhender son caractère, ses sentiments et sa façon de penser. C’est un personnage qui, pour moi, se révèle complexe dans ses réactions et dans l’amour qu’elle porte malgré tout à son père, de manière peut-être un peu maladroite parfois. J’arrivais à la comprendre et en même temps il m’est arrivé de lui en vouloir.
« J’ignore pourquoi, la vérité m’est soudain devenue essentielle. Je n’avais rien su pendant des années, et résoudre le mystère en quelques jours me semblait paradoxalement primordial »
C’est un sentiment assez bizarre mais qui s’estompe au fil de la lecture, lorsque les pièces du puzzle qu’elle construit se mettent en place, lorsqu’on comprend ce qu’elle a pu ressentir par le passé. J’ai admiré sa persévérance qui aurait pu engendrer des blessures supplémentaires et qu’est-ce que j’ai aimé tout ce parcours qui va lui faire croiser tellement de bienveillance, rencontrer des personnes qui vont se révéler essentielles à sa reconstruction émotionnelle. Finalement, je me suis attachée à elle autant qu’à tout le reste.
« On ne refait pas le passé, il faut regarder l’avenir et se rappeler que le mouvement est toujours préférable à l’immobilisme »
Autre ressenti avec Emile que j’ai immédiatement aimé. L'auteure a créé un personnage hors du commun dont on découvre l'histoire avec impatience et attention au fil des chapitres. Il est passionné par son art, il est doux, sincère et tellement entier. J’ai adoré partir sur ses traces, vivre sa vie par procuration sous l’écriture si belle de l’auteure et qu’est-ce que j’ai aimé cette force qu’il y a en lui pour affronter les coups durs de la vie et recevoir avec tant d’humilité ce qu’elle lui apportait, en contraste, de tellement beau comme pour prendre une revanche bien méritée.
« Il lui semblait que les nuages se dissipaient pour faire place aux rayons de ce nouveau jour tant attendu »
J’avoue qu’Emile est le personnage qui m’a le plus touchée car la romance avec Helena, à laquelle on assiste est si belle, si douce, si évidente et pourtant elle nous laisse comme une délicate mélancolie lorsqu’on prend conscience de l’ampleur des sentiments et de ce à quoi ils vont pouvoir amener, par amour tout simplement. L’émotion est totalement au rendez-vous avec ce personnage et les mots amour et romance prennent tout leur sens avec lui, avec eux deux.
« Tu ne joues pas du piano par choix ; la musique est un moyen de rester en vie pour toi. Comme pour moi »
Avec ce roman, Marie m’a conquise au point que j’ai envie de lire tout ce qui se rapporte à sa plume. Même si j’avais certaines attentes pour la fin qui ne se sont pas concrétisées, la beauté de l'histoire et la force de la passion qu'elle renferme n’ont pu que faire naître des sentiments qui vont au-delà de ce que je peux lire habituellement en romance.
En terminant cet avis, je ne suis pas sûre d’avoir réussi à retranscrire toutes les émotions si fortes et si contradictoires que cette lecture a fait naître en moi. Ni à avoir su faire ressortir tout ce que Marie a si brillamment écrit, alliant avec talent romance, quête de soi et épisode historique poignant. Mais une chose est sûre : c’est une lecture dans laquelle je me plongerai à nouveau sans hésiter. Et je vous conseille vraiment de partir, vous aussi, sur les traces de Sophie et Emile pour connaître les mêmes émotions que moi. Alors très belle lecture !
Le silence des braseros / Miguël LECOMTE
Flippant, déroutant et tellement intrigant ! Mais finalement, une très belle expérience. Autant dire les choses clairement : ce roman m'a retourné le cerveau et ça n'est pas exagéré du tout ! Merci aux Editions Sharon Kena pour leur confiance et pour m'avoir fait sortir de ma zone de confort comme jamais. Quelle expérience livresque qui a mis à mal mon esprit assez cartésien !
1986 : Une famille - le père, la mère et leur jeune fils - qui quitte tout pour démarrer une nouvelle vie à Greenwich Village. 2002 : Bien des années après, alors que la famille s'est agrandie, des choses étranges style Poltergeist surviennent et un événement tragique frappe la famille. 2010 : l'histoire - telle qu'elle va nous accompagner jusqu'à la fin - commence avec une intrigue encore plus intrigante qui se profile et se développe. Voilà pour ce qu'il en est d'un bref aperçu de ce roman qui m'a donné des sueurs froides sur bien des aspects. Bienvenue dans un univers où l'inimaginable pourrait bien se réaliser et où la noirceur de l’âme humaine pourrait impacter un monde qui n'aurait plus rien d'idéal !
"Les gens qui nous quittent restent à jamais dans nos cœurs ; c'est à cet endroit qu'il faut les chercher pour trouver la paix. Leur dernière volonté est notre bonheur à venir, et le souvenir de leur visage souriant nous donne de la force, présageant le vœu que nous nous retrouverons peut-être... un jour"
Je dois être honnête, j'avoue que j'ai eu un peu de mal avec la lecture d'une partie de ce roman qui m'attirait vraiment mais dont je pense avoir mal évalué le contenu réel basé sur un incroyable stratagème très sombre et sur une folie à la limite du fanatique. A plus d'une reprise je me suis fait peur au point que je n'ai plus pu lire ce livre avant de dormir le soir... et pourtant je ne suis pas quelqu'un qui a peur facilement.
"Quoi que l'homme en pense, la terre ne lui appartient pas. Il est redevable et minuscule"
Le contexte de la première partie de l'histoire est vraiment étrange avec toute une partie qui m'a laissée dans le flou le plus total quant à la direction dans laquelle voulait m'emmener l'auteur. Il n'y a pourtant pas énormément de personnages mais je pense que la temporalité narrative m'a un peu décontenancée. Et puis je ne maîtrise pas du tout ce genre auquel je ne m'attendais pas. Au final, de manière assez peu commune, l'auteur posait simplement les bases de son histoire, ni plus ni moins.
Je ne vais pas m'attarder de trop sur les personnages puisqu'il y a un fort risque de spoiler mais quelle imagination dont a fait preuve l'auteur pour en imaginer certains et pour gérer une telle diversité. On pourrait s'attendre à quelque chose de classique mais pas du tout. Certains représentent le Bien, d'autres le Mal et la lectrice que je suis s'est retrouvée un peu malmenée, prise entre ces deux entités totalement opposées qui jalonnent le roman, faisant parfois naître le doute en moi sur leur réel rôle.
« Le temps n’est pas Dieu, le temps est humain »
Pour qui n'est pas rompu à ce genre de lecture, comme moi, il faut vraiment un certain temps d'adaptation pour appréhender des notions qui ne conviennent peut-être pas à tout le monde. Celle de suspense n'est pas traitée comme on pourrait s'y attendre car elle se présente sous une forme qui côtoie le paranormal, le scientifique et l'apocalyptique. Autant dire, des aspects littéraires auxquels je ne m'étais pas préparée.
De même que celle de romance annoncée, n'a rien de comparable à la contemporaine à laquelle je suis habituée. D'ailleurs, je suis assez surprise que ce soit un thème mis en avant car, personnellement, vu le peu de développement dans l'histoire, je n'ai pas été convaincue plus que ça. Hormis le fait que ça puisse servir, effectivement, l'issue du récit.
L'histoire est super bien écrite – avec une narration à la 3ème personne -, j'ai adoré le style de cet auteur. Franchement, c'est un très gros point positif en ce qui me concerne parce que lorsqu'on plonge dans un tel univers, dirigé par l'orgueil et la suffisance d'un seul homme, il vaut mieux. Et quel talent pour imaginer un tel scénario et pour l’étoffer de tant de détails si bien associés les uns aux autres !
"Je suis tout et je ne suis rien, infiniment grand comme infiniment petit. Je suis un rêve et une réalité"
Même si je ressors convaincue par cette histoire et par le talent de son auteur, il y a quand même un point qui m'a énormément dérangée : la longueur inégale des chapitres qui pour certains faisaient presque 70 pages - 2 chapitres il me semble -. Dans un univers littéraire tel que celui-là, c'est une très grosse prise de risque lorsque des novices, comme moi, se plongent dedans. Ma lecture s'est donc trouvée impactée dans le temps et mon ressenti, pendant un temps, probablement aussi.
Je dois reconnaître que, jusqu'à la moitié de l'histoire, j'ai été prise d'un grand doute quant à la poursuite de cette lecture. Je n'avais pas saisi les codes mis en place par l'auteur - qui sont peut-être habituels dans ce genre - et ça perturbait ma découverte de ce roman mais aussi ma réflexion de lectrice qui n'est probablement pas en mesure de s'adapter à tous les genres. Mais au final, une fois tous les éléments en main, je suis ressortie assez fière d’avoir mené l’histoire à son terme et d’en avoir saisi le sens malgré un début un peu compliqué.
« La réalité… qui peut prétendre savoir ce qui est réel de ce qui ne l’est pas ? Qu’est-ce que le réel ? »
Lorsqu'on termine ce roman, une fois toutes les pièces du puzzle dévoilées, tout se met clairement en place et on ne peut que saluer l'ingéniosité de l'ensemble qui force à réfléchir sur pas mal de sujets soulevés par l'auteur. Le flou qui s'était insinué laisse place à une belle évidence et cohérence - même si certains aspects resteront un mystère pour moi - et l'histoire prend vraiment tout son sens, surtout avec un final tel que celui qui nous attend. Comme on dit "mieux vaut tard que jamais".
« Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible »
C’est donc avec une lecture plus que particulière que j’ai repoussé mes limites de lectrice et je suis vraiment ravie de l’avoir fait même si c’était de manière si extrême. Alors non mon avis n’est pas parfait mais trop confortablement installée dans un genre depuis de nombreuses années, « Le silence des braseros » m’a permis de découvrir toute autre chose et de me mettre à l’épreuve pour voir jusqu’à quel point je pouvais me plonger, sans préparation, dans l’inconnu. Si vous voulez changer vos habitudes, vous essayer à un tout autre univers et que l’inconnu et le sombre ne vous font pas peur, alors je vous recommande ce roman qui sort de mes sentiers battus et qui sortira peut-être aussi des vôtres pour une expérience inédite et mémorable. Alors très belle lecture !
La petite Mousotte / Véronique VAUCLAIRE
"Seul le silence est meurtrier". En une seule phrase, le sens de la vie peut être totalement remis en question et nos certitudes mises à mal. Et lorsqu'on prend de pleine face ce terrible constat, c'est d'une lecture bouleversante que l'on ressort. Merci Véronique VAUCLAIRE pour ce moment d'échange mémorable et pour m'avoir si bien présenté "La petite Mousotte" que je n'étais pas amenée à découvrir si ce n'est au hasard d'une rencontre fortuite qui restera dans ma mémoire.
Comme toute lectrice un peu accro aux livres, mes virées shopping ne sauraient se terminer sans un passage en librairie. Pas nécessairement pour acheter, juste pour voir - soyons honnête, je sors rarement les mains vides -. Mais ce samedi de juin 2024, j'étais loin de m'imaginer faire une telle rencontre, celle qui m'a permis de croiser la route de Véronique VAUCLAIRE et de "La petite Mousotte". Et de repartir avec elle, seulement elle pour lui consacrer quelques heures de mon temps, attention si grandement méritée une fois le livre refermé. Quel moment de lecture intense !
"La petite Mousotte" c'est une immersion totale dans le quotidien de Léna que l'on va suivre sur plusieurs années, quotidien qu'elle va revivre depuis son enfance, en flashbacks, le jour de ses 55 ans, jour où, sur une simple décision, sa vie pourrait prendre une autre direction... Un récit dur et poignant, qui met des mots sur des maux trop souvent ignorés et dévastateurs. L'être humain n'est pas fait pour se construire dans la douleur et pourtant l'histoire de Léna - et de son petit frère Antoine - est la représentation même qu'au jeu de la vie, les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde et que les armes pour gagner sont réparties de manière très inégale.
C'est dans un récit court et très narratif que le monde de Léna et de son petit frère Antoine est partagé entre la violence destructrice d'une relation parentale dénuée de tout amour maternel et la douceur salutaire de grands-parents aimants qui offrent - le temps de quelques moments de répit - une bouffée d'oxygène à deux êtres qui ne sont pas nés au bon moment et dans la bonne famille. On ne naît pas parent, on apprend à le devenir… ou pas…
« Il doit être magicien, Papi, pour savoir toutes ces choses-là ! Léna, il l’appelle « la petite Mousotte » parce qu’elle lui rappelle ces petites souris promptes à s’enfuir et à se dissimuler dès qu’elles ont peur, discrètes jusqu’à s’effacer »
C'est un écrit assez inhabituel, sous un format condensé mais tellement criant d'authenticité et d'émotions, qui traite de sujets particulièrement douloureux et ô combien tabous dans une société où seule l'opinion et le regard des autres a d'importance ; encore plus à l'époque à laquelle le récit débute.
« Tout ne se résumera jamais qu’à ces deux petites phrases d’importance. Que penseront les autres ? Que diront les gens ? »
Je suis toujours très sensible à la notion de psychologie dans mes lectures sauf que le contexte est ici totalement différent. Pas de romance, pas de "toute ressemblance avec des personnes ayant existé est fortuite", pas de pure fiction qui donne froid dans le dos et serre le cœur. Rien de tout ça car on ne peut ignorer que ce que l'auteure partage au travers de ces mots et d'une trame soigneusement choisis n'est que le reflet d'un quotidien trop souvent vécu dans l'isolement, dans la violence des mots et des actes et dans la peur considérés, à tort, comme mérités.
Ce roman nous montre, avec une plume de très grande qualité, le processus de l'emprise psychologique subie, au fil des années, par une personne depuis son plus jeune âge et les conséquences sur sa construction en tant qu'adulte et parent en devenir à son tour. Et le schéma d'une vie qui n'a que deux options : s'en sortir pour ne plus subir et ne pas reproduire les traumatismes endurés ou malheureusement rester enfermé dans un cercle puissant qui telle une toile se renforce jusqu'à devenir indestructible.
« Que peut-il y avoir de pire comme condamnation que le regard de l’enfant plongé dans le sien quand les coups s’abattent ? »
Je dis souvent que certaines histoires, au travers de la force des mots, sont vécues plus qu'elles ne sont lues. Et "La petite Mousotte" fait partie de celles-là tant l'immersion est intense, tant les sentiments dévastateurs nous percutent au fil des pages et tant on aimerait être cette main tendue envers des personnages qui ne peuvent laisser indifférents. Malheureusement, la lecture se déroule dans une impuissance à pouvoir laisser les émotions de côté et à rester totalement insensible. Et on ne ressort pas vraiment indemne d'une telle parenthèse littéraire.
L'auteure a choisi un enchaînement rapide apportant un rythme soutenu qui nous maintient spectatrice impuissante d'un véritable combat contre la force malsaine de l'autre, le bourreau et contre soi-même, la victime, comme pour mettre en lumière l'absence de répit dans la maltraitance physique et émotionnelle qui a jalonné la vie de Léna. Le style est incisif et terriblement percutant, l'écriture directe et sans fioritures, ce qui donne un résultat final très réussi.
Dans ce roman, la force des sentiments est vraiment au cœur de l'histoire et pose réellement les bases d'une vie qui va se révéler si douloureusement chaotique. Il y a une telle opposition entre l'amour de Mamie et Papi et celui inexistant de La Mère - simple enveloppe corporelle ayant donné la vie - que les évènement traversés sont touchants mais de manière tellement différente. L'émotion et la colère sont trop souvent en conflits jusqu'à ce que l'un prenne l'ascendant sur l'autre et nous laisse envisager une fin inéluctable, où le mal triomphera sur le bien.
« Une Mamie qu’on aurait tellement aimé avoir pour maman »
Et c'est justement une fin atypique à quatre choix, laissée au libre jugement de la lectrice/du lecteur, que l'auteure a imaginée. La facilité aurait voulu que le premier soit une fin unique pour qui se plonge dans l'histoire, comme une délivrance après tant de souffrance.
Mais ce sont trois autres choix qui nous sont proposés et j'avoue que, de manière logique, c'est le dernier qui m'a conquise (même si j'aurais bien pris un peu du précédent) ; nous donnant la main sur ce que nous voulons de mieux pour Léna et pour, de manière un peu égoïste probablement, adoucir nos émotions finales.
Ce roman, pourtant en narration externe, sur lequel je ne me serais probablement pas arrêtée sans cette rencontre avec l'auteure, est une réelle belle découverte qui interpelle et qui donne à réfléchir. Si vous aimez les récits courts, directs qui vont à l'essentiel et dans lesquels les émotions sont au rendez-vous pour vous faire vibrer à chaque page, je vous conseille vraiment de vous plonger dans celui-là. Alors très belle lecture !
Le guide "Comment épouser un milliardaire ?" / Tara JONES
"Ceci n'est pas un guide pour les faibles de cœur, de corps et d'esprit"
Comment épouser un milliardaire ?... ou comment perdre ses illusions que cela puisse arriver un jour... avec ou sans préparation, tellement la tâche s’annonce longue et périlleuse. Tara JONES ou plutôt son alter ego littéraire Cruella d'Enfer, pigiste et fauchée, a l'art de l'écriture pour nous faire garder les pieds sur terre avec son guide tout juste paru et qui se lit tellement facilement, avec délectation. Et cette couverture que je suis heureuse de découvrir puisqu'elle avait été soumise au choix des lectrices et que j'avais choisie.
Inspiré de faits réels ayant été vécus ? Désirs secrets inavoués ? L'histoire ne nous le dit pas mais c'est très bien analysé, avec une pointe de sarcasme, une belle touche d'humour et une sacrée dose de réalisme - du moins de ce qu'on peut imaginer - sur ce monde très fermé et select des hommes très très fortunés.
En deux tests de compétence, vous saurez si vous êtes compatible ou non avec l'un de ces bellâtres qui se cache peut-être tout près de chez vous et qui n'attend que vous pour briller encore un peu plus. Et si vous n'êtes pas compatible, comme moi, vous saurez relativiser puisque ce monde n'est définitivement pas fait pour nous et pour ma part, heureusement !
"Si le milliardaire n'est pas fait pour toi, c'est que ton bonheur se trouve ailleurs !"
Mais si vous êtes compatible, le plus dur reste à venir pour vous car le chemin est long jusqu'à une éventuelle happy ending. Vous pouvez compter sur Cruella d'Enfer et son franc parler pour :
- tester vos aptitudes et votre motivation à intégrer un monde de bling-bling et de paillettes,
- vous aider à repérer la bonne cible parmi une liste de 10 types de milliardaires tous aussi différents les uns que les autres - avantages et inconvénients à l'appui - ; liste non exhaustive bien sûr !,
- révéler votre vraie nature pour éviter le faux pas et vous transformer, telle Cendrillon, avec ses conseils de styles ciblés pour mettre toutes les chances de votre côté,
- vous dévoiler les coins les plus probables et les plus select de la planète où trouver votre âme sœur à 13 chiffres,
- partager avec vous quelques histoires littéraires, un peu particulières, d'héroïnes qui sont parvenues à séduire divers milliardaires,
- vous fournir une check-list indispensable, à respecter impérativement à la lettre,
- vous coacher telle une Nadine de Rotschild pour que le premier rendez-vous reste mémorable et sans aucune fausse note et que la suite ne soit qu'un long fleuve tranquille,
- vous prouver par A + B que oui les belles histoires d'amour existent, même après une rencontre des plus inattendue,
- vous donner les clés de la réussite pour parvenir à ce que le jour J ultime arrive mais aussi pour entretenir la flamme sur le long cours.
Attention : la vie auprès d'un milliardaire n'est pas simple, elle n'est pas à la portée de chacune et surtout, elle se mérite. Il faut respecter toutes les étapes de ce laborieux parcours, sans n'en sauter aucune.
"Chez le milliardaire comme chez Flunch, l'erreur à ne surtout pas commettre, c'est de vouloir tout mettre dans son assiette ! Tu dois faire ton choix : un seul plat à la fois ou gare à l'indigestion"
Cruella est ce qu'elle est mais on ne peut lui enlever que c'est un guide vraiment complet, qu'elle a créé avec brio, dans lequel rien n'est oublié, qui analyse parfaitement comment atteindre des sphères amoureuses à 13 chiffres. Une excellente préparation pour toute romantique qui pourrait penser que c'est facile et pourtant... avec les milliardaires rien n'est évident.
"Essayer d'adapter une paire de jeans taille 36 à un sumo, c'est comme vouloir cuire un steak saignant sur un volcan en éruption"
Sous la plume de cette auteure, c'est un écrit d'un genre complètement décalé et un peu loufoque que l'on découvre sans trop savoir à quoi s'attendre. Le luxe et l'extravagance se côtoient sans aucune langue de bois, ni tabou.
Franchement, j'ai adoré cette lecture complètement inattendue mais vraiment plus que sympa. J'ai beaucoup ri et souris au fil des pages et chapitres qui regorgent de phrases tellement bien trouvées, de situations cocasses qu'on essaie d'imaginer, de références en tout genre qui illustrent parfaitement certains points et surtout de tous ces mots que Cruella manie avec tellement de talent pour une lecture si bien rythmée qu'on ne s'ennuie pas un instant.
"Si tu veux pêcher un requin blanc, tu dois lâcher quelques sardines !"
Si vous connaissez la plume de Tara, avec ses précédents romans, vous serez incontestablement surprise par cette prise de risque ô combien osée mais terriblement réussie. Sa saga "Unité Spéciale" compte des membres très sexys mais qui n'ont rien de milliardaires - où je ne suis pas au courant -. Avec ce guide, elle s'essaie à toute autre chose et c'est, pour moi, un pari gagné !
Vous êtes-vous déjà demandé ce que serait votre vie auprès d'un milliardaire ? Quelle que soit la réponse, découvrez votre compatibilité ou non grâce à ce guide que je vous conseille de vous procurer sans délai. La surprise sera certainement au bout de cette lecture ! Je n’attends qu’une chose : qu’il paraisse en format papier pour rejoindre les autres titres de l’auteure dans ma bibliothèque. Alors belle découverte !
Love me now - Slave of one night #3 / Fanfan DEKDES
Comment est-il possible de condenser autant d'émotions si fortes, si incontrôlables et si destructrices dans un tome tellement attendu et inattendu à la fois ?
Je l'ignore mais ce dont je suis sûre c'est que Fanfan DEKDES, avec le 3ème tome de sa saga SOON "Love me now" signe là l'écrit le plus poignant que j'ai eu à lire sous sa plume.
Et je ne sais pas si je ne vais pas être obligée de la blacklister au motif de "briseuse d'illusions". Merci infiniment Fanfan pour l’envoi de ce roman que je ne suis pas prête à oublier et qui dépasse largement le coup de cœur !
Beaucoup de lectrices comme moi, après Tray/Lisa & Colas/Sophie attendaient l'histoire de Noah et Méline avec tellement d'impatience et je pense que nous sommes toutes tombées de haut en refermant leur histoire. Et ça fait mal, très mal !
Pour rappel, Noah - de son vrai prénom Nathanael - est le batteur des Slave of one night, groupe de rock lillois mondialement connu, qui vit à Los Angeles. Mais Noah c'est aussi l'histoire d'un énorme crush qui l'a frappé le jour où il a rencontré Méline, meilleure amie de Lisa et propriétaire de Pic ‘Assiette, traiteur à Lille.
« Je ne désespère pas de me faire aimer de Méline un jour »
Lorsque Méline, à l'occasion des fêtes de fin d'année, vient renforcer les équipes de Lisa, à Los Angeles, Noah qui ne s’attend pas à la voir retrouve la résistance persistante de la jeune femme mais aussi le côté piquant de leur relation et plus si affinités... ou pas. Une lecture qui n’est pas de tout repos dans tous les sens du terme !
« Aucune hésitation. Aucune timidité. Seulement l’assurance qu’il n’existe pas d’autre issue possible »
Allons droit au but : ce tome était clairement attendu mais son contenu pas du tout ! En tout cas, pas par moi qui suis ressortie dévastée par ce que j'ai lu - et je n'exagère pas pour le buzz -. Lisez-le et on en reparlera.
Dans les précédents tomes, l'auteure invitait déjà des thèmes forts mais là, j'ai vraiment eu l'impression qu'elle avait donné encore plus, avec des thèmes plus sensibles et plus poignants qui ne peuvent pas laisser insensible, ni indifférente. D'où la chute émotionnelle qui vient doucement dans le sens où le cœur se sert petit à petit, au fil des révélations, au fil des espoirs, au fil de tout ce qui compose cette histoire et auquel je n’étais pas préparée.
"Love me now" ce n'est pas un roman dans lequel on rencontre les tensions habituelles, au sens auquel nous sommes habituées. Mais des tensions intérieures, émotionnelles et affectives engendrées par deux parcours de vie malmenés de la plus terrible des manières et soigneusement cachés sous des comportements de façade. Et un sentiment que, de mémoire, je n’ai jamais ressenti en 8 ans de lecture de ce genre littéraire, qui ne m’a pas quittée d’un bout à l’autre de l’histoire ; s’accentuant si intensément par moment.
« Je virevolte, je butine mais jamais je ne me pose. Jamais mes ailes ne cessent de battre. De peur de ne plus savoir comment m’envoler »
Retrouver Noah si taquin et pourtant si agaçant a été un moment tellement fort lorsqu’il tombe le masque révélant une sensibilité et une passion qui étaient impossible à mesurer jusque-là. Avant d’être un batteur talentueux et un membre indissociable des SOON, il n’est qu’un homme dont le passé révélé, le rend si attachant lorsque ses failles sont mises à nues. Et lorsque l’une de ses failles s’appelle Méline, on ne peut qu’oublier tous ses petits défauts.
« J’ai depuis longtemps séparé les sentiments et le sexe. Et pourtant, avec Méline, l’acte paraît indissociable »
Méline, ah Méline ! Dans les précédents tomes il était impossible de la voir avec le même regard que celui qui nous accompagne dans cette histoire qui la révèle forte et pourtant si fragile à la fois. Mais attention aux apparences parfois soigneusement mises en scène au-delà desquelles certaines personnes pourraient avoir envie de s’aventurer, n’est-ce pas Noah ? De tous les personnages féminins, c‘est sans nul doute possible, pour moi, la plus mise à l’épreuve. Et forcément, comme ne pas adhérer à ce qu’elle est, à ce qu’elle dégage et à cette évolution qui s’opère sous nos yeux, au contact de celui qui n’est que tendresse, confiance et passion.
« Elle se débat avec ses limites, érigeant des barricades tellement hautes qu’il faudrait des années pour pouvoir les escalader. Qu’est-ce que je n’ai pas, bon sang ? »
« Love me now » c’est le choix de Fanfan d’ancrer son histoire dans une réalité qui heurte par le poids des mots, par la véracité de certaines scènes qu’on aimerait ignorer - et qui m’ont malmenée - et par la force de sentiments qu’on aimerait suffisante pour se relever d’épreuves sans jamais retomber. Mais la vie est rarement un long fleuve tranquille et c’est ce qu’elle nous démontre au travers de ses personnages ; même si on doit laisser un bout de notre cœur et de notre âme dès le mot FIN posé.
Ce 3ème tome des SOON, ce sont les retrouvailles avec les personnages emblématiques qui sont indispensables, soutien sans faille en toutes circonstances, auxquels viennent s’ajouter ceux que l’on n’attendait pas mais qui, tel un ciment, viennent renforcer la notion de famille de cœur, à défaut de la famille de sang. La cohérence de l’ensemble de cette histoire est indéniable sachant que toutes les portes ouvertes ont été refermées ; Fanfan n’ayant rien laissé au hasard. Et même si entre l’espoir et le désespoir la ligne est quasi invisible, et que ça n’est jamais agréable, on ne peut nier l’authenticité de l’ensemble de ce roman. Oui, il est authentique !
Mais « Love me now » c’est aussi énormément de tendresse, ce qui m’a vraiment frappée – même moi qui déteste les surnoms j’ai trouvé celui de Méline tellement adorable et approprié - et une jolie dose d’humour qui fait du bien. Et ce sont deux éléments plus que nécessaires voire essentiels pour atténuer des thèmes abordés bien réels mais tellement forts.
« Tu fais un truc de travers et on fermera les yeux quand les filles mettront le grappin sur toi. Compris ? »
Je n’ai jamais caché, je le revendique même, que les histoires dans le monde de la musique ont une place toute particulière dans mes goûts de lectrice. Et cette saga des SOON, que je suis depuis ses débuts, arrive clairement en 1ère position (même si d’autres ne déméritent pas, bien sûr !).
L’auteure nous offre une plume de qualité, des personnages réalistes, des univers bien imaginés et bien travaillés et des playlists qui m’enchantent à chaque fois. Elle sait nous faire sourire voire franchement rire, nous faire pleurer, nous faire nous attacher à ses protagonistes, quels qu’ils soient, et surtout, en ce qui me concerne, elle m’empêche d’être une lectrice passive, dénuée de toutes émotions.
Alors oui, ce 3ème tome m’a bouleversée à un point que je n’aurais jamais pu imaginer. Mais la lecture a des ressources infinies, qui émergent directement de l’imagination de nos auteures préférées et Fanfan fait partie de ces plumes qui me correspondent totalement.
Même si j’aurais du mal à m’en remettre, finalement je vais la garder en bonne place dans mon cœur de lectrice et je vous la conseille vraiment, au travers de tous ses écrits qui m’ont conquise depuis que je la connais. Alors très belle découverte et n’hésitez pas à échanger avec elle !
Les couleurs de ton coeur / Marion LIBRO
Quel plaisir de pouvoir retrouver Marion LIBRO dans une histoire que j'avais suivie lors de sa participation au concours Fyctia "C'est un 10 mais..." et surtout de faire partie de ses partenaires occasionnelles pour ce titre. Merci Marion pour ta confiance
Quand j'ai débuté "Les couleurs de ton cœur" - exceptionnellement en numérique -, l'histoire me parlait mais sans savoir que je l'avais déjà découverte auparavant. Lorsque Marion m'a confirmé la participation au concours, j'ai compris le pourquoi du comment et ça m'a, en quelque sorte, rassurée de savoir que j'avais choisis une histoire déjà partiellement lue dans un autre contexte.
Dans ce roman, on rencontre Matteo, jeune peintre sans domicile fixe, qui tente de survivre grâce à son talent dans l'esquisse de paysages et de portraits d'inconnus croisés au détour des rues de Taormine, en Sicile. Et c'est en pratiquant son art qu'il est subjugué par Sofia, jeune femme de très bonne famille, stagiaire dans un musée, qu'il croise de manière rituelle chaque matin depuis plusieurs jours. Lorsque la jeune femme se rend compte qu'elle fait l'objet d'un portrait, la curiosité l'emporte, et plus pourquoi pas...
« La vie est trop courte pour ne pas la vivre pleinement… »
Mais dans le monde de Matteo les contes de fées et leur happy end n'existent pas, il n'y a aucune raison que Sofia soit celle qui changera le cours de sa vie. Et si sa vie avait décidé de le contredire avec quelques surprises - bonnes ou mauvaises - à la clé...
« Je n’ai déjà pas eu le droit à une enfance normale ni à une adolescence digne de ce nom… Je m’autorise alors à m’offrir une entrée dans la vie d’adulte sans fardeau »
Dans ce roman, on retrouve clairement la signature de Marion qui se caractérise par énormément de douceur, de bienveillance et de simplicité qui font du bien ; un peu à l'image de la jeune femme qu'elle me semble être. Et ceci, dès le départ puisque ses personnages ont chacun un parcours de vie qui a été malmené et pourtant on ne ressent pas de négativité dans leur rapport aux autres et dans leur manière d'appréhender leur vie. Bien au contraire.
On est sur deux personnages très jeunes, socialement opposés et pourtant l'alchimie est instantanée, peut-être trop pour les amatrices d'histoires qui prennent leur temps. On pourrait craindre, en découvrant Sofia, qu'elle illustre la petite fille riche bourrée de clichés, hautaine, prétentieuse, etc.. mais il n'en est rien. Et j'avoue qu’heureusement...
Bien au contraire, au travers de sa spontanéité et de son naturel, mon premier ressenti est qu'elle aime vraiment les gens et qu'elle n'est pas dans le jugement se basant sur le physique. Et ce trait de caractère est une vraie force dans cette histoire ; même si parfois j'aurais aimé qu'elle soit un tout petit peu moins lisse. Mais je peux, compte tenu du contexte, comprendre ce choix de l'auteure ; Sofia ayant subi un traumatisme récent important.
« J’ai cette impression qu’elle essaie de se persuader qu’elle est heureuse »
Face à elle, Matteo n'a rien du bad boy que sa situation sociale pourrait nous laisser penser. La passion pour la peinture qui l'anime et son passé qu'un prologue nous laisse supposer difficile n'auraient pas été cohérents avec un personnage différent que celui que l'on découvre.
Il fait partie de ces personnages masculins que l'on croise trop peu, avec une sensibilité, une réserve et une discrétion très touchantes. Meurtri par une enfance éprouvante, il est la représentation même du protagoniste qui garde en lui des meurtrissures importantes mais qui ne profite pas de sa situation passée de victime. Ses peurs et ses craintes qui jalonnent l'histoire sont légitimes et nécessaires pour cerner son personnage.
La relation qui naît, certes de manière un peu rapide, entre Sofia et Matteo sonne comme une évidence. Les moments de partage, de complicité s'apparentent à une quête vers une reconstruction émotionnelle que seul l'un peut apporter à l'autre et inversement. La force qui les pousse l'un vers l'autre est très bien mise en avant par l'auteure qui a choisi la douceur, plutôt que la précipitation ; ce qui est assez contradictoire avec l'impression de rapidité qui interpelle, sans qu'on ne puisse l'expliquer vraiment.
« J’ai l’impression de le connaître depuis toujours »
Dans ce roman, il y a assez peu de personnages ; ce qui permet d'accentuer la notion de sincérité des sentiments et de force des liens. Matteo, même s'il est peu entouré en nombre, l'est de manière qualitative par son meilleur ami Roméo et par une adorable mamie, qui a elle seule apporte une vraie légèreté lors de certains passages qui font sourire. Et en ce qui concerne Sofia, le schéma est identique puisque sa meilleure amie Alessia est cet essentiel nécessaire à son équilibre, qui lui permet de ne pas sombrer. Pour qui connaît la lectrice que je suis, s’il y a trop de personnages on peut vite me perdre donc là c’était parfait.
« Elle croit pas en l’amour, mais elle crois en toi…Et crois-moi, c’est ça l’amour »
Ce que j'ai apprécié dans cette histoire, c'est le processus de construction de la relation que, même s'il a été un peu vite à mon goût pour certains aspects, l'auteure a axé sur la confiance et l'absence de jugement ; valeurs qu'il est très difficile d'acquérir ou d'avoir de manière innée.
« Même s’il n’y a plus d’espoir, il y aura toujours une faible lumière qui brille »
L'auteure a inséré une belle part de psychologie modérée en abordant des thèmes forts comme les traumatismes psychologiques et émotionnels, le deuil, la confiance en soi, les différences sociales et leurs préjugés, le droit au bonheur lorsqu'il semble illégitime, etc... Et elle a, de la plus belle des manières, en toute pudeur et simplicité, abordé le difficile sujet de l'expression de nos émotions. J'ai trouvé cette partie de l'histoire terriblement poétique et tellement bien imaginée.
« Traverser une mauvaise période ne veut pas dire avoir une mauvaise vie »
Ce dernier roman de Marion nous permet de voir l’évolution de sa plume qui s’affirme et se renforce – même si quelques petites choses sans gravité m’ont interpellée - et j’avoue que c’est un vrai plaisir de pouvoir la suivre et la voir évoluer dans sa passion de l’écriture.
Et ce style de plume est vraiment très agréable à lire puisqu’elle nous permet de faire des pauses émotionnelles nécessaires, selon les genres qu’on lit, tout en nous proposant des histoires très bien construites, structurées et prenantes. Donc, je ne peux que vous conseiller de découvrir Marion Libro Auteure – si vous ne la connaissez que sous Marion Libro Chroniqueuse – car je suis certaine que vous l’aimerez tout autant. Alors très belle lecture !
Le mec du chalet / Emily JURIUS
Conquise ! La non passionnée de romance de Noël que je suis est conquise par la plume et la créativité d'Emily Jurius que je découvre avec ce roman qui marque le début de la saison de ce genre littéraire. Il ne m'a fallu que quelques heures pour dévorer cette romance hivernale et montagnarde, c'est dire si je l'ai aimée !
En cette période de fin d'année, Clara, talentueuse publicitaire a vraiment besoin de vacances pour se remettre du quotidien d'une vie de maman célibataire qu'elle mène à 100 à l'heure avec ses deux garnements de 10 et 8 ans qui doivent partir quelques jours chez leur père. Et quoi de mieux qu'une thalasso dans les Alpes suisses pour recharger les batteries. À elle le calme, la détente et les petits soins !
Mais c'est sans compter sur son ex qui met à mal ses plans en lui annonçant qu'il ne peut finalement pas accueillir Lucas et Andréas. Qu'importe, elle ne renoncera pas à ses projets, quitte à ternir son image de super maman !
Et la seule solution de secours, pour ne pas renoncer à son projet, c'est de les envoyer dans une colonie de vacances au cœur des montagnes suisses, dirigée par Joshua, trentenaire bourru qui n'aime pas les enfants et par Anna, sa sœur, qui approche du terme d'une grossesse de maman solo.
« Je ne veux plus me forcer. Si j’ai envie de râler, je râle. Point barre »
Fidèles à eux-mêmes, Lucas et Andreas bien décidés à faire comme s'ils étaient chez eux, vont transformer cette colonie en toute autre chose que ce à quoi Joshua a toujours été habitué. Et autant dire que ce montagnard pourtant rompu aux climats extrêmes va vivre une expérience qui n'est pas des plus agréables. Mais hors de question de se laisser pourrir la vie par deux terreurs. Quitte à devoir subir les foudres de leur mère qui n'écoute que son instinct maternel pour sortir sa progéniture des mains d'un abominable yeti des neiges. Lorsque les éléments climatiques se déchaînent, il n'y a pas que la tempête extérieure qui va se révéler difficile à affronter.
« Ces deux-là, ils pourraient être une pub pour la contraception à eux seuls. Qui voudrait enfanter des emmerdeurs pareils ? Ils me foudroient de leurs regards si semblables à celui de leur mère. Sur elle, c’est sexy, sur eux, c’est juste chiant »
J'ai adoré cette lecture et ce n'est pas peu dire. C'est peut-être parce que, à mon avis, ce n'est pas une romance de Noël ; les codes habituels n'étant pas présents.
On est sur une ambiance hivernale, avec comme décor une tempête en approche et un huis-clos plein de promesses. Et quelle richesse que cet écrit qui contient tout ce que j'aime : humour, tendresse, émotion, situations cocasses et répliques savoureuses, événements divers et variés. Bref, un rythme qui ne s'essouffle jamais et qui nous maintient accrochées d'un bout à l'autre.
« Cette femme est une véritable malédiction, et j’ai bien l’impression qu’elle va s’abattre sur moi »
Ce qui apporte beaucoup à cette histoire c'est la totale opposition qu'il y a entre Joshua et Clara qui n'ont pas grand-chose en commun. Et pourtant, ça matche au premier contact, ce que j'ai malheureusement trouvé un peu rapide à mon goût. Même si elle est bien présente, j'aurais aimé un peu plus de tension, que les choses soient moins simples.
« Ce type est juste beau. Je sais que c’est con, de mourir bouffée par des loups à cause d’un beau mec »
Dans cette histoire, vu le contexte, il y a peu de personnages et c'est un bon point pour l'auteure car on apprécie vraiment cette ambiance cosy qui permet de profiter pleinement de tout ce qui se passe.
L'écriture d'Emily est telle que j'ai pu ressentir chaque émotion, que j'ai beaucoup ri et souri notamment avec Clara et ses répliques ou pensées, que je me suis retrouvée agacée plus d'une fois par Lucas et Andréas que j'aurais bien aimé secouer un peu et que je me suis laissé toucher en plein cœur par le passé et la relation de Joshua et Anna.
« On dirait que ce mec à un quota de mots par jour et qu’il les économise au cas où il en manquerait »
Pour une première découverte de cette autrice, c'est une totale réussite même si j'aurais apprécié que certaines choses se déroulent autrement ou soient moins précipitées. Mais la romance est joliment mise en avant, le côté spicy est juste bien dosé et les personnages sont tellement attachants qu'on leur pardonne certaines faiblesses ou maladresses.
Si comme moi vous n'êtes pas une adepte des romances de Noël traditionnelles, "Le mec du chalet" est un très bon compromis pour entrer dans le mood "romances hivernales" sans tomber dans les clichés habituels. Cette histoire se lit simplement et très facilement et quel bon moment ! Alors très belle lecture !
L'as de coeur / Morgane MONCOMBLE
Bluffant ! Et déroutant ! Quel talent que celui de cette autrice dont on peut apprécier l'évolution de la plume, à chaque nouvelle sortie. Il est bien loin le temps de "Viens on s'aime' et quel plaisir !
C'est dans un univers un peu particulier et assez peu commun que Morgane a posé le décor de cette histoire pour laquelle j'avais tout de même quelques appréhensions. Ma crainte était vraiment que le thème des jeux - plus particulièrement du poker - prenne le dessus ; surtout lorsque, comme ici, il se joue en championnat du monde. Donc, pas la simple petite partie de poker entre potes !
Et quelle belle surprise que cette lecture qui m'a tenue concentrée d'un bout à l'autre tellement tout est prenant et surprenant. Et quels personnages surtout, autant les principaux que les secondaires ! Une belle bande qui illustre vraiment l'amitié avec une pointe d'humour et d'émotion.
Pour cerner l'histoire qui se déroule principalement à Las Vegas, le synopsis est parfait et il n'y a pas besoin d'en dire plus au risque de spoiler l'intégralité du roman. Ce qu'on peut dire sans prendre de risque c'est que, bien que le prologue donne le ton, il y a quand même une belle part de mystère autour du personnage de Levi. On connaît une faible partie des sentiments qui l'animent mais on est bien loin d'imaginer ce qui nous attend. Et pour Rose c'est un peu pareil puisqu'on ne sait que très peu de choses et son personnage reste très intrigant une bonne partie de l'histoire. Jusqu'à un plot-twist qu'il est impossible de voir arriver et modifie totalement le cours de l'histoire. Mais s'il n'y avait que ce retournement-là.
« Je suis celui qui vous détrônera, Levi IVANOVITCH. Souvenez-vous de mon nom »
Et non ! Car l'autrice ne s'est pas arrêtée en si bon chemin car toute la seconde partie de l'histoire est construite de manière à nous retourner le cerveau, nous faisant douter sur beaucoup de choses ou émettre des hypothèses qui ont peu de chances de se concrétiser. Elle maintient un climat avec lequel nos émotions sont malmenées et où on n'est plus sûre de rien.
« La seule chose qui pourrait potentiellement me distraire de mon objectif, c’est l’amour »
"L'as de cœur » n'est pas un roman policier mais il y a tout de même une belle intrigue, savamment ficelée et qui rythme l'ensemble faisant que j'ai eu du mal à lâcher le livre. Et même s'il y a un petit détail qui m'a interpellée, je dois reconnaître que l'on est sur une histoire très bien pensée, brillamment écrite et qui ne peut pas laisser indifférent. Et sa classification en romance psychologique est totalement justifiée.
« Seuls les lâches tentent d’étouffer les gens qu’ils considèrent comme supérieurs au lieu d’apprendre d’eux »
Tout au long de cette lecture, Morgane sait nous surprendre de manière très talentueuse, en renouvelant sa plume, en s'essayant à un univers risqué mais qu'elle sait mettre à notre portée, sans lourdeurs, et en signant là un écrit parfaitement aboutit qui nous permet d'apprécier l'évolution de son écriture qui gagne, encore plus, en maturité et qui est tellement agréable à lire.
« Je déteste me battre, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer quand on se bat »
L'association romance/intrigue est sans conteste maîtrisée et l'alternance des points de vue parfaitement appropriée à ce style d'histoire. Ce roman est également le moyen de mettre en avant les risques encourus par une addiction aux jeux d'argent quels qu'ils soient et c'était vraiment important que l'impasse ne soit pas faite dessus. C'est un très beau roman qui mérite l'engouement qui l'entoure et de tous les romans de Morgane, je trouve que celui-ci se démarque vraiment des autres car tellement imprévisible.
« Tomber dans l’addiction, c’est un peu comme tomber amoureux : on ne s’en rend compte qu’une fois qu’il est trop tard »
Je ressors totalement conquise par ce roman qui est un très beau coup de cœur tant dans l'écriture, dans la qualité des personnages et dans la richesse de l'histoire. Il n'était pas évident pour moi, compte tenu de l'univers, que cette lecture se termine sur une telle note, comme quoi il faut se laisser porter sans tenter de prévoir à l'avance. Très belle lecture !
Love and other words / Christina Lauren
Mais pourquoi n'ai-je pas découvert cette histoire plus tôt ? Pourtant parue fin 2019, ce n'est qu'en 2023 que je me suis plongée dedans ! Comme quoi je ne me précipite pas sur tout ce qui sort. Je voulais juger par moi-même si toute la hype autour de ce roman était justifiée, clairement oui - selon moi bien sûr -.
Si on aime les tropes friends-to-lovers, retrouvailles, seconde chance, avec une alternance passé/présent et sur un rythme très slow burn, "Love and other words" est sans nul doute le titre idéal. Hormis un petit détail qui m'a fait défaut - sans gravité -, je l'ai trouvé, en tous points, parfait ; au point de lui décerner un très beau coup de cœur.
Bien que l'idée de base n’ait rien d'innovant, c'est vraiment toute la richesse du contenu, la qualité des personnages et le contexte qui font la différence. Car on est vraiment sur une très belle histoire, tout en douceur et en tendresse et qui se dévore à une vitesse incroyable. Moi qui ne lis plus très vite, il ne m'a fallu que quelques heures - en me faisant quand même violence pour le poser - pour en connaître le fin mot. Oui, je voulais absolument comprendre pourquoi...
Forcément, avec des personnages aussi attachants que Macy & Eliott, je ne pouvais que succomber. Je ne suis pas arrivée à leur trouver ne serait-ce qu'un seul point négatif, c'est dire si je les ai aimés !
Elle, 27 ans, interne en pédiatrie, sur le point de se marier avec un homme de 15 ans son aîné et papa d'une fillette de 6 ans, et lui, 28 ans, en couple également, travaillant dans une association bénévole ont un passé d'adolescents très touchant en commun puisqu'ils étaient meilleurs amis, tous deux passionnés par la lecture.
Leur rencontre était une évidence, leur amitié aussi. Mais lorsque l'adolescence laisse place à d'autres sentiments, le risque est grand que l'innocence passée soit réduite à néant et que la vie sépare même ceux qui semblaient inséparables, sans un mot, sans même une explication.
« Je ne vivais pas sans lui. Je me contentais de survivre »
Et quand le destin décide, onze ans plus tard, de remettre ces deux anciennes âmes sœurs sur le même chemin, il se pourrait bien que les souffrances du passé - aussi douloureuses soient-elles - puissent être la clé qui déverrouillera les cœurs meurtris, trop longtemps emprisonnés.
« Hier, j’ai revu Eliott Petropoulos pour la première fois en presque onze ans et je me suis rendu compte que je suis toujours amoureuse de lui, et que je le resterai probablement à jamais »
Soyons clairs ! Cette histoire m'a retourné le cœur tellement elle m'a engloutie, au point d'avoir du mal à la lâcher pour ce qu'on appelle "le quotidien". C'est vrai que j'aime vraiment ce schéma enfants/amis que la vie va brusquement séparer pour une raison obscure sur laquelle la lumière va être faite, des années plus tard, grâce à l'alternance passé/présent. Pour qui connaît la lectrice que je suis, j'aime les histoires alternant deux parties de vie ; du moment que l'exercice est correctement réalisé. Et j'avoue qu'avec ce roman, j'ai été comblée car les enchaînements passé/présent sont tellement cohérents et se succèdent tellement bien les uns aux autres.
« Je n’ai jamais cessé de l’aimer. J’ai juste dû passer à autre chose »
La construction choisie par les autrices nous permet d'apprécier, sans précipitation, l'histoire qui naît sous nos yeux, de la voir se dérouler pour évoluer de la plus tendre des manières et de faire naître, en nous, de très beaux sentiments pour Macy et Eliott. Je ne vois pas comment il n'est pas possible de s'attacher à eux, à leurs histoire respectives comme à celle qui les lie, même lorsque l'incompréhension s'invite dans l'histoire.
Ce sont de très beaux personnages auxquels les autrices donnent vie de la plus belle des manière. Il n'y a pas une once d'animosité entre eux, bien au contraire. Leur relation est simple, autour d'une même passion ; ce qui est assez peu commun pour un protagoniste masculin. Mon côté fleur bleue y voit là une certaine notion de romantisme, car oui ce roman comporte une sacrée dose de romantisme et Eliott n'est pas étranger à ce sentiment.
« Mais il sera difficile pour moi de me contenter d’être ton ami, Macy »
J'ai vraiment aimé tout ce que les autrices nous offrent dans ce roman : une qualité de plume qui m'a enchantée - contrairement à certains de leurs autres titres -, des thèmes très touchants qui ne peuvent pas laisser insensible, un rythme avec lequel l'ennui ne s'installe jamais, de très belles scènes de complicité naturelle, une maturité appréciable tant dans le passé que dans le présent et de très beaux personnages secondaires sans qui l'histoire ne serait pas si complète, sans qui Macy et Eliott ne seraient pas ces personnages si vrais et si attachants. Même les révélations auxquelles je ne m'attendais pas ont fini de me convaincre et de me faire succomber.
« Si tu me laisses entrer dans ton univers, je peux faire en sorte que le reste ne compte plus »
Généralement, même si les titres sont souvent un critère de sélection accrocheur, je ne m'attarde pas plus que ça sur leur signification ou à savoir s'ils sont bien choisis. Mais là... "Love and other words" est tellement approprié, tellement doux et fort à la fois, il prend tout son sens au fil de la lecture dans laquelle il fait référence à une symbolique qui unit Macy & Eliott. Un seul mot peut caractériser ce titre : PARFAIT.
Avec ce roman, le duo Christina LAUREN a su me faire considérer, sous un autre angle, leur plume qui peut se révéler assez différente selon les écrits. Et en ce qui me concerne, c'est le principe de "ça passe ou ça casse". Cette fois-ci, la découverte s'est plus que bien passée et "Love and other words" arrive en tête de tous les titres que j'ai pu découvrir d'elles. Et logiquement, je ne peux que conseiller de les découvrir avec ce roman-là. Alors très belle lecture !
Les amoureux de Montmartre / Laurence CHEVALLIER
Dès que j’ai eu connaissance de la sortie de ce titre chez Hugo New Romance Poche, sa présence dans ma bibliothèque était évidente. Aussitôt acheté, aussitôt lu et c’est un immense coup de cœur que cette découverte !
C'est dans le sublime quartier parisien de la Butte Montmartre que Zoé, 36 ans et future maman, a déniché la perle qui va abriter sa nouvelle vie de maman solo après que son compagnon, qui ne peut assumer sa paternité, l'ait quittée au début de sa grossesse.
C'est lors d'une fausse alerte qu'elle va faire la connaissance de son seul et unique voisin de palier, Kaël, jeune acteur de films X, qui vient lui porter secours. Le beau ténébreux de seulement 25 ans, ne va pas hésiter à la soutenir et son inexpérience et sa maturité seront des atouts majeurs pour amorcer un début d'histoire à la hauteur des attentes et apporter beaucoup de simplicité à l'ensemble.
« Après avoir entendu mon médecin déclarer : « Le col ne montre aucun signe de dilatation », on peut considérer qu’on a passé un cap dans l’intimité, tu ne crois pas ? »
Cette histoire est incroyable, tellement bien imaginée, tellement bien écrite, tellement tout. Je me suis fondue dedans avec une facilité déconcertante, sans pouvoir la lâcher jusqu’à la fin. Et qu’est-ce que ça fait du bien !
L'écriture de l'autrice nous plonge dans une découverte de sentiments amoureux jusque-là méconnus de Zoé. En totale opposition avec une relation passée qui semblait toxique, celle que lui propose cet homme doux, attentionné, respectueux est tellement déstabilisante tant l'éveil à la sensualité qui s'en dégage est intense. Mais qui est beaucoup plus jeune qu’elle !
« Tu as dit « jeunot ». Qui dit ça ?
Les femmes de mon âge disent ça !
Les hommes de mon âge se moquent de ça ! »
Kaël est personnage envoûtant, magnétique, à la sensualité animale et qui dégage un charisme fou malgré son jeune âge. Il trouve en Zoé ce qu'il n'a jamais trouvé chez personne d'autre : la simplicité et le naturel. Bien loin des jeunes femmes de son âge, celle qui côtoie maturité et fragilité, l’éveille à des sentiments inattendus et inconnus mais tellement vrais et puissants. C'est tout en douceur que l'approche se fait, dans une ambiance très intimiste et sans trop de précipitation. La beauté des instants partagés est si bien décrite que ça procure un sentiment encore plus apaisant à la lecture.
« Zoé, sauras-tu me sortir mes ténèbres de l’esprit ? Hisse-moi vers la lumière, je t’en supplie »
Dans cette histoire, il y a une très belle symbolique initiée par Kaël - spoiler oblige je ne dirai rien - et j'ai trouvé ça tellement romantique et tellement fort puisqu’elle va bien au-delà de ce à quoi on peut s'attendre lorsqu'on connaît le contexte. Ça contrebalance avec l'univers dans lequel évolue Kaël et c'est vraiment bénéfique pour l'histoire. Même si...
Un des thèmes de cette romance est la différence d'âge qui peut diviser les uns et les autres. Mais sous la plume de l'autrice, celui-ci est magnifié de telle façon qu'on finit par l'oublier pour qu'il passe en second plan. Pour ne se consacrer qu'à la pureté de la relation.
De même que l’univers professionnel de Kaël aurait pu légitimement faire craindre un climat malaisant. Au final, ce qui est agréable à découvrir au fil des pages c'est que les mises en garde concernant certaines scènes ne concernent pas l'histoire principale. Il y a une sacrée différence, dans le comportement de Kaël, entre le côté intime de sa relation avec Zoé et le côté professionnel qui pourrait jeter le trouble dans les esprits lorsqu'on découvre le synopsis. La surprise est grande et très appréciable et c'est un sacré revers que subissent les préjugés légitimes qui auraient pu se faire ressentir.
« À quoi bon espérer mener une autre existence ? Les rêves ne sont que pour les chanceux »
Comme dans beaucoup de new romances, l'auteure aborde des thèmes forts et poignants. Celui qui touche Kaël l'est d'autant plus que, au-delà de l'homme, c'est l'enfant qui est atteint au plus profond de son cœur et de son âme par une maladie qui lui retire, petit à petit, la présence physique et émotionnelle de sa maman. La manière dont est traité ce sujet est très bien dosée, permettant de ne pas alourdir l’histoire, tout en parvenant, malgré tout, à ne pas nous laisser insensibles. Il en est de même pour le thème qui concerne Zoé dont le côté sombre ne peut qu’interpeller. D’autant plus lorsqu’il met en scène un plot twist de taille que je n’ai vraiment pas vu venir mais que j’ai tellement apprécié.
Dans ce roman, sur fond de décors parisiens subtilement choisis, plusieurs passages sont sublimement écrits et détaillés sans excès, véhiculant des émotions trop peu ressenties dans ce genre littéraire. Au travers de quelques anecdotes savamment placées - que je ne connaissais pas -, l'autrice fait là un très beau clin d'œil à ses personnages puisqu'elle nous renvoie, de manière pas totalement innocente, à leur relation. Plus romantique que ça, c'est impossible.
De même que c'est de la plus belle des manières qu’elle met en lumière ce très bel art qu'est la photographie. Au travers d'une scène sublime, où seule la douceur transparaît, elle se sert de celui-ci sans voyeurisme, ni vulgarité malaisante. La première idée que je me suis faite, de ces clichés si bien décrits, se porte sur la douceur et la beauté du style boudoir. Simple avis personnel, bien sûr !
Ce sont des personnages authentiques que l'autrice nous dépeint dans les parcours de ces âmes mises à mal, régis par des barrières imposées par la vie. L'émotion est très présente mais lorsque les doutes et les peurs s'invitent dans l'équation sentimentale, elle prend une toute autre saveur.
« Je sais que je n’ai pas le droit d’exiger autre chose de toi, mais… »
On se laisse prendre au piège des étreintes enivrantes, des mots délicatement susurrés et de la puissance des sentiments de ces cœurs qui se sont doucement capturés. Mais également au piège des éléments qui viennent instiller des tourments tant redoutés et qui, telle une tempête, balaient au passage nos émotions mises à mal, nos certitudes qui ne sont plus acquises et nos cœurs qui ne peuvent qu'accepter l'inévitable. Lorsque "savoir" et "voir" s'opposent pour mettre à mal cette histoire qui sort des sentiers battus, il est impossible d'exprimer correctement la force du ressenti.
Au-delà de la romance, de la douceur et de la sensualité qu’elle dégage, l’autrice a soigné ses personnages secondaires essentiels à l’équilibre de Zoé et Kaël. Eliott, Gina, Mattéo et Charlotte, pour les principaux, apportent une certaine légèreté à l’ensemble et illustrent parfaitement l’amitié et la famille. Ils sont notre source de rires et de sourires avec leurs échanges parfois sans filtre, sans tabous et dans des scènes cocasses ou attendrissantes. Je suis toujours très sensible aux personnages secondaires ; ceux-là sont vraiment parfaits.
« Ton voisin te dit qu’il est acteur porno et tu ne lui soutires pas tous les détails ? Mais qui es-tu ? »
Rares sont les lectures qui savent me surprendre et me séduire autant mais là l’autrice a créé un univers, une ambiance et des personnages à la hauteur de tout ce que j’aime. Je suis vraiment plus que conquise par « Les amoureux de Montmartre » qui vont rester longtemps dans mon esprit. J’espère pouvoir lire à nouveau cette autrice avec la même passion que cela a été le cas avec l’histoire de Zoé et Kaël que je ne peux que vous inciter à découvrir à votre tour. Surtout si vous aimez ce mélange de douceur, de sensualité et d’émotions brutes qu’on ne peut ignorer. Alors, très belle lecture !
Les dieux du campus #3 : Dante / Phoenix B. ASHER & F.V ESTYER
Jamais 2 sans 3 ! C'est de manière logique que j'ai enchaîné avec le 3ème tome de la série "Les dieux du campus" pour partir à la découverte du charismatique et un brin arrogant Dante. Une plongée dans un tome qui s'annonce explosif grâce à ce nouveau Service Presse pour l'envoi duquel je remercie vraiment Hugo New Romance.
Voilà un tome dont j'ai adoré le ton et qui se termine donc sur un beau coup de cœur malgré un début qui m'a un peu effrayée – auront la référence celles/ceux qui l’ont déjà lu -.
C'est à nouveau dans un contexte assez sportif que cette histoire va se développer entre deux personnages qui créent la surprise en terme de relations. Une rencontre explosive à l'origine de laquelle se trouve Dante, frère de Sander et membre de la colocation. Cheerleader passionné, rêvant d’atteindre les sommets de la réussite, il se donne à fond dans cette passion pourtant décriée mais à laquelle il doit beaucoup et ne vit quasiment que pour ça. Jusqu’à ce que déboule dans sa vie, de manière assez percutante, Blake qui est totalement éloignée de ce monde dans lequel il évolue. Ils n’ont en commun que l’amour du sport puisqu’une carrière prometteuse attend Blake dans le MMA. Ancrés chacun dans des certitudes qu’ils pensent inébranlables, ils ne sont pas prêts pour une attirance qui se fait insistante et qui pourrait mettre à mal leurs volontés respectives.
Quand j’arrive sur le 3ème tome d’une série, il y a toujours une petite appréhension légitime qui s’invite dans mon esprit et qui me fait osciller entre crainte et impatience d’ouvrir un nouveau chapitre d’une nouvelle histoire. C’est bête mais c’est ainsi car impossible de ne pas me dire « Vais-je aimer autant que les précédents ? ». Et là, il ne m’a pas fallu longtemps pour être rassurée puisque j’ai adhéré à 100% à ce que les auteures proposaient dès le début – si je laisse de côté une scène qui m’a déplu -.
- Merde. J’aurais peut-être dû regarder où j’allais.
Parfois, je suis capable de dire des conneries aussi grosses que moi.
- Ah bon ? Tu crois ?
Dans les tomes précédents, même s’il est présent, Dante est un personnage qui n’est pas spécialement mis en avant et dont on ne sait que peu de choses, si ce n’est qu’il est le frère jumeau de Sander. Et avoir la possibilité de le découvrir au travers de cette histoire n’a été que du bonheur, même si ça n’a pas été toujours rose du début à la fin.
On ne peut pas faire plus opposés que Dante et Blake qui vivent dans deux mondes différents. Mais ne dit-on pas que les opposés s’attirent ! Ok ils s’attirent mais ça ne fait pas tout, bien évidemment et heureusement ai-je envie de dire. Parce que là on entre dans tout ce que j’aime où la dynamique entre les personnages est de toute beauté et qui promet un très beau moment de lecture.
A l’exception d’une seule chose, j’ai vraiment tout aimé dans ce 3ème tome qui m’a fait passer par une palette d’émotions version XXL. Les auteures sont allées chercher au plus profond de ce personnage masculin qui est bien loin de ce qu’il veut laisser paraître. J’ai adoré cet aspect de l’histoire, qui s’installe lentement telle une intrigue et qui se fond avec tout le reste.
Dante est un personnage qui est drôle, persévérant, arrogant juste ce qu’il faut et qui a un côté très attentionné qui ne peut que faire craquer. Il est aussi très sensible, ce qui est un point très positif pour moi. Blake est une jeune femme très simple, qui se soucie peu du qu’en-dira-t-on et dont le côté atypique apporte pas mal d’originalité à ce duo, à première vue, assez improbable. Je les ai aimés séparément mais encore plus dans leurs échanges et dans l’amitié qui s’installe doucement, comme une évidence, pour déboucher sur une belle complicité.
« Une chose est certaine, les armes des guerrières modernes sont tranchantes. Mon ego d’homme l’aura compris à ses dépens ce soir »
Malgré un début qui peut prêter à confusion, c’est un beau slow burn qui nous attend pour un friends-to-lovers de grande qualité où il y a beaucoup de tendresse et une belle authenticité qui apporte une belle dose de réalisme. Ce que j’ai vraiment apprécié dans cette relation c’est l’attention que Dante porte à Blake – la réciprocité se vérifiant également - et le respect qu’il a envers elle. C’est très touchant.
« Je connais la junkie à l’adrénaline, et dire que cette fille est devenue une obsession est un sacré euphémisme »
Cette histoire met aussi en avant la relation qu’entretient Dante avec son frère jumeau qui est basée sur un amour indéniable mais qui va être durement mise à l’épreuve à cause de rancœurs passées envahissantes. J’ai adoré en apprendre plus sur eux, sur leur passé, sur leur relation et sur les faiblesses qui peuvent les fragiliser. Certains passages sont durs mais nécessaires et surtout tellement beaux malgré la noirceur des thèmes qu’ils soulèvent.
« On est jumeaux, ça aide. Mais oui, on a toujours été proches. A certains moments plus qu’à d’autres. Ça n’a pas été évident quand on était ados… »
Encore une fois, les auteures font évoluer leurs personnages autour d’un thème sportif qui n’est pas envahissant et qui n’apporte aucune lourdeur et aucune longueur à la lecture. Elles savent parfaitement retenir notre attention avec une jolie dose d’humour, des échanges piquants, des moments de tendresse et en jouant avec la corde sensible de nos émotions mises à rudes épreuves. C’est un tome vraiment bien abouti dans lequel l’amour évolue vers quelque chose de fort et de puissant et dans lequel le thème de l’amitié est une nouvelle fois bien présent grâce aux personnages secondaires qu’on adore retrouver par petites touches.
C’est un tome tellement riche en émotions avec lequel les auteures lient un peu plus notre cœur à ces Dieux du Campus qui n’ont au final que cette image qu’on leur prête et qui se révèlent être bien différents que ce que les apparences trompeuses veulent nous laisser croire. Avec Dante, elles nous plongent dans une histoire plus complexe, plus profonde, plus touchante – bien que la précédente l’était déjà – et c’est vraiment une très belle surprise. J’avais adoré le couple Leander/Nyx mais là, j’avoue que je ne suis plus sûre de rien. En attendant d’arriver à me décider, je vous conseille vraiment de vous plonger dans cette série qui ne me laisse pas insensible. Alors, très belle lecture !
Les dieux du campus #2 : Sander / Phoenix B. ASHER & F.V ESTYER
C'est sur une romance M/M que se poursuit la découverte de la série "Les dieux du campus" avec un 2nd tome sur Sander, le meilleur ami de Leander et frère de Dante. J'avais vraiment bien accroché avec Sander et j'avais hâte de me plonger dans son histoire. Voilà qui est fait grâce à Hugo New Romance que je remercie sincèrement pour ce Service Presse.
Soyons honnêtes : c'est dans une toute autre ambiance qu'à lieu l'évolution de cette lecture qu'on ne peut en rien comparer à celle de Leander. Mais il n'empêche que j'ai adoré cette histoire même si ce n'est pas un coup de cœur une fois terminée.
« Une rage brûle en moi depuis des années. Je sais que ce soir, elle n’aura pas d’exutoire. Elle restera tapie dans mes entrailles jusqu’à ce qu’elle fasse ressortir le pire de moi et que j’explose »
J'avais adoré découvrir Sander en tant que personnage secondaire - surtout au contact de Nyx - mais là, une fois mis sur le devant de la scène, c'est une autre facette de lui que l'on prend de plein fouet. Et ce n'est pas désagréable de le percevoir si différemment. Celui qu'on a pu rencontrer blagueur, avec un comportement léger se révèle être ici, un homme sensible caché sous une carapace faite de virilité indéniable.
Ce footballeur attachant est sensible lorsqu'il s'agit notamment de Jeremiah, talentueux hockeyeur pour lequel son attirance est si forte mais pas forcément partagée de manière assumée. On sait qu'une amitié les a longtemps liés mais qu'un dérapage non contrôlé a séparés. De l'amour à la haine, malgré l'alchimie qui semble les unir, c'est une succession d'affrontements, de tensions, de mots durs qui va jalonner leur relation conflictuelle.
C'est un schéma assez complexe qui caractérise cet enemies-to-lovers car on est clairement sur une romance très psychologique rythmée par une atmosphère parfois lourde et pesante qui lui donne un rythme moins soutenu et un côté plus sombre où les joutes verbales sont de toute autre nature.
La sensibilité est clairement un point commun qu'ont Sander et Jeremiah mais qui ne s'exprime pas de la même façon chez l'un ou l'autre. Ce qui les différencie, de manière nette, c'est que l'un assume sa préférence sexuelle alors que l'autre, consumé par un mal être oppressant dicté par une colère et une rancœur exacerbées, fait tout pour la nier, jusqu'à aller dans certains comportements extrêmes et blessants. L'alchimie est pourtant bien là mais une certaine réserve vient compliquer l'histoire.
« Ça aurait pu être toi. Ça aurait dû être toi. Et tu es l’unique responsable de cet échec »
C'est avec une certaine pudeur mais aussi une dureté que les auteures nous plongent dans cette histoire qui porte des thèmes forts tels que le harcèlement, l’homophobie, les préjugés, les troubles comportementaux, l'acceptation de soi, etc... Mais heureusement, ce côté drama est contrebalancé par la présence, à nouveau, des personnages secondaires qui apportent un peu de souffle permettant de faire éclater une bulle opaque dans laquelle le contexte pourrait facilement enfermer l'histoire et ses protagonistes.
« Lorsque mon cerveau se met en pause, je ne souffre plus de ce mal qui me ronge. Je ne risque plus de blesser les personnes les plus proches de moi »
Dans ce tome, les auteures ont vraiment travaillé la force des sentiments qui met à mal tant Sander que Jeremiah dans une bataille intérieure différente certes mais bel et bien présente. Alors j’avoue que parfois j’aurais aimé que ce dernier dépasse ses peurs et ses doutes pour assumer ses sentiments dans un monde où il faut une sacrée force mentale pour passer outre les violences verbales et morales. Mais d’un autre côté, tout dans l’écriture et le cheminement de l’histoire fait qu’il ne pouvait pas en être autrement sous peine d’enlever toute crédibilité à l’histoire et à l’environnement dans lequel elle évolue.
On ne peut pas dire que cette lecture est de tout repos car elle nous fait passer par pas mal d’émotions. Plus d’une fois tout ce que Sander traverse et subi m’a fait terriblement mal au cœur pour lui qui est tellement touchant et qui ne mérite qu’une chose : être heureux comme il l’entend. Mais heureusement, pour lui et pour nous, la bande soudée qu’on aime retrouver est là pour tempérer une situation qui pourrait vite tourner en rond – surtout Nyx qui est très proche de Sander -.
Bien entendu, j’ai été fortement touchée par Jeremiah qui subi une sorte de pression et qui se livre à un combat intérieur d’une grande intensité. Quand deux personnages tels qu’eux souffrent, il est impossible pour moi de faire un choix en terme de préférence. Les sujets sont très sérieux, très forts, les personnages sont impactés de manière tellement réaliste qu’il m’est impossible de ne rien ressentir ou de ressentir plus pour l’un que pour l’autre.
« Toute ma vie, je suis resté au bord du précipice sans oser sauter parce que j’avais peur de ce que je trouverais en bas »
Ce que j'aime dans les romances M/M c'est la manière de ressentir les choses, notamment les sentiments des personnages. Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais je suis toujours beaucoup touchée par ces histoires où les protagonistes masculins cachent derrière leurs muscles et leur virilité, une certaine sensibilité que l'on ressent de manière plus forte. Comme si les sentiments étaient plus accentués par rapport à du M/F.
« Une part de moi veut qu’il ressente la même chose que ce que j’éprouve quand je le regarde évoluer sur le terrain. Je veux sentir son regard me brûler, jusqu’à me réduire en cendres »
Une chose qui m'a interpellé, peut-être que je me trompe, c'est l'impression que le côté sportif - sans que cela soit forcément gênant - domine plus largement le côté université qui m'a semblé bien moins présent. Le contexte y est certainement pour beaucoup puisque Sander et Jeremiah sont tous les deux sportifs et même si c'est au sein des équipes universitaires, il m'a manqué un petit quelque chose pour atténuer ce ressenti.
Je ne lis que très rarement des M/M mais j’avoue que c’est un genre qui ne me déplaît pas du tout puisque l’aspect psychologique et les ressentis sont toujours différents, selon moi bien sûr, que dans les romances M/F. Et dans ce tome, les auteures mettent ce genre littéraire à la portée de n’importe quelle lectrice – de la plus novice à la plus expérimentée – car on est vraiment sur une très belle histoire, qui nous malmène certes, mais qui aborde le thème de l’homosexualité avec beaucoup de pudeur, de sensibilité, de sincérité et de bienveillance. L’une de ces auteures, F.V ESTYER, n’en est pas à son premier essai puisqu’elle connue et reconnue dans la romance M/M depuis quelques années déjà. Donc ce tome, associée à son acolyte, ne pouvait qu’être réussi.
Si vous craignez encore de vous lancer dans le M/M, laissez-vous tenter par l’histoire de Sander & Jeremiah qui saura vous faire oublier vos craintes et vous ouvrira peut-être les portes d’émotions nouvelles. Alors, très belle lecture !